Après un Twilight Princess très décevant, on attendait quelque part ce nouvel épisode DS au tournant. Phantom Hourglass, en français "le Sablier Fantôme", prend place juste après The Wind Waker. Tetra et Link voyagent sur l'océan, lors d'un trajet, ils voient un sombre et inquiétant navire entouré de brume. Tetra attirée par l'éventualité d'un trésor embarque sur le vaisseau. Soudain, elle pousse un cri, alertant pour le coup Link qui s'empresse d'aborder le navire fantôme. Mais ce dernier se trouve aveuglé par la brume environnante et tombe à la mer. Plus tard, le jeune garçon se réveille sur une plage et fait la connaissance d'une fée qui le mènera au doyen d'un village tout près. Ce vieil homme et la gentille fée nommée Ciela l'aideront à retrouver ce bateau fantôme sur lequel est retenue prisonnière Tetra.
Autant dire qu'avec ces éléments, on ne perd pas tellement les bonnes habitudes au niveau de l'intrigue. La bonne recette de la charmante jeune fille à sauver est devenue une tradition. Ici l'objectif pour Link est de quitter l'île pour partir à la poursuite du navire fantôme. C'est en cherchant un marin dénommé Linebeck que Link tombe sur le Temple du roi des mers. A l'intérieur de celui-ci, le capitaine Linebeck se trouve piégé. C'est ainsi vous qui allez le libérer pour naviguer avec lui sur son bateau sur l'océan à la recherche de Tetra.
Le fil rouge du jeu
La grosse particularité de ce jeu, c'est justement ce temple du roi des mers. Un temple très particulier car il absorbe l'énergie vitale des humains. Votre vie, vos coeurs se vident inéluctablement à l'intérieur. Pour échapper à cet effroyable maléfice, vous pouvez vous refugier dans des zones sûres, représentées par des sols lumineux et dispersés un peu partout dans le temple. Plus tard, en récupérant le Sablier Fantôme, vous serez immunisé contre la malédiction du temple tant que le sablier ne se sera pas vidé.
Ce temple est aussi un point crucial du jeu, car c'est une sorte de fil rouge, une quête que vous mènerez tout au long du jeu. Vous devrez y revenir souvent pour vous y engouffrer plus profondément encore. Plus vous irez loin dans ce donjon, plus vous trouverez de cartes qui vous mettront sur la piste du navire fantôme. Seul point négatif : souvent il manquera du sable dans le sablier pour aller suffisamment loin, et tout au long du jeu, vous explorerez d'autres regions et d'autres temples pour remplir le sablier et accroître sa durée de vie.
Enfin on terminera sur ce temple impressionnant par ce qu'il contient : des pièges en veux-tu en voila ! Le temple du roi des mers est infesté de spectres ! Il s'agit de chevaliers qui errent dans le temple et montent la garde. S'ils vous voient, ils déclenchent l'alerte et vous pourchassent, un seul coup d'épée de leur part vous plaquera à terre et vous fera perdre beaucoup de temps. Inutile de préciser que ces spectres sont quasiment invincibles, vous obligeant à vous faire le plus discret possible pour traverser les différentes salles du donjon.
Contenu du jeu
Que ce soit le temple du roi des mers ou les autres donjons du jeu, ils sont de difficulté moyenne, on constate assez peu d'évolution de difficulté de ceux-ci. La plupart font preuve d'une certaine linéarité. Même si le chemin n'est pas tout droit, les embranchements sont peu complexes et bien souvent il ne s'agit que d'une succession de salles à énigmes. Il n'y a pas de mini-boss, pas de boussole, vous êtes livré à vous-même pour franchir les obstacles jusqu'à la salle du gardien. Dans l'ensemble, Phantom Hourglass reste simple, les combats vous mettent rarement au tapis et comme d'habitude, une quantité impressionnante de coeurs disposés un peu partout vous maintiendra loin du Game Over. Même pour les boss, la difficulté est loin d'être aussi élevée que pour certains épisodes de la série, même si certains combats contre ces monstres s'avèrent particulièrement impressionnants.
De manière générale, tout le jeu est quand même relativement complet, on s'occupera avec une quête principale d'environ 15 à 20 heures, mais aussi des quêtes annexes assez nombreuses via des chasses aux trésors, une quête pour améliorer le rafiot du père Linebeck ou alors une quête visant à améliorer vos capacités d'attaque ou de défense...
Le Gameplay sublimé
Comme je l'ai dit plus haut, le joueur est un peu livré à lui même, mais plutôt que de s'armer d'un bloc-notes et d'un stylo, on a la possibilité de faire descendre la carte affichée sur l'écran du dessus vers l'écran tactile de la console et d'y inscrire ce que l'on veut. On peut ainsi aisément noter l'ordre d'actionnement d'interrupteurs ou mentionner des pièges à certains endroits. La perspective est tout simplement géniallissime. Mais ce n'est pas la seule utilisation de l'écran tactile loin de là. Si je vous dis que vous pouvez vous passer de boutons durant tout le jeu ? Possible ? Et bien oui ! Aussi surprenant que ça puisse paraître, ce Zelda est ENTIEREMENT jouable au stylet. Les déplacements, attaques, objets, actions diverses... tout se gère avec facilité et avec une intuitivité jamais vue ! Tout bonnement jouissive, la maniabilité est aux petits oignons.
On vise à l'arc, on trace la trajectoire exacte du boomerang, on soulève une jarre ou une pierre et on la lance à l'endroit exact où le stylet tapotte l'écran. Tout s'enchaîne à merveille et du premier coup ! Enfin on parlera des voyages maritimes qui tranchent radicalement avec ceux qu'on arpentait dans The Wind Waker. En effet ici ils sont beaucoup moins longs, plus mouvementés. Là aussi tout se fait simplement, en traçant la trajectoire du navire sur la carte, efficacité assurée.
La légende nous est contée...
Longuement introduite au début du test, l'intrigue du jeu et le scénario sont d'agréables surprises. L'univers de The Wind Waker est intact, cet océan infini qui nous tend les bras, cette ambiance fraiche venant des vents marins donnent du baume au coeur. Vous suiverez avec intérêt et excitation l'aventure de notre trio Link-Linebeck-Ciela. Ces deux derniers représentant les deux meilleurs personnages du jeu en terme de personnalité. Le flibustier râleur et exigeant ne cesse de se chamailler avec la fée, tous deux constituent une grande partie du spéctacle cinématique même si d'autres personnages non jouables interviendront de manière remarquable comme grand-papy...
Un humour omniprésent qui ne masque pas un background assez sombre avec ses histoires de vaisseau fantôme et de temple qui pompe l'énergie vitale. Le tout est formidablement mis en scène tout en 3D, à tel point qu'on jurerait être sur console de salon (il y a quelques années évidemment), cela constitue néanmoins une belle performance sur DS. On se plait à contempler ces graphismes cel shadés mais légèrement vus de dessus et on apprécie les nombreux effets et animations qui retranscrivent quasiment la même quantité d'émotions que son homologue au style cartoon sur Gamecube.
Le chou de Bruxelles sur le gateau (oui c'est pas bon, c'est fait pour !) vient de la bande son du titre, malheureusement très pauvre, cela constitue sans conteste le gros point négatif de ce Zelda. En eux les thèmes sont globalement bons mais assurément en nombre largement insuffisant pour un jeu de cette trempe. Ainsi on entendra tout le temps la même musique pour tous les donjons, la même pour toutes les grottes, la même pour toutes les îles visitées. On notera également que pas mal de thèmes sont repris de The Wind Waker, une déception assez prononcée qui nous donne envie de crier "Koji revient !"














